Pamphlet provocateur ou fiction vérité, «Hell», roman au titre évocateur signifiant enfer mais qui est aussi le gracieux homonyme de «elle(s)» (ah la la chez Grasset ils ne savent plus quoi inventer ...) nous promène dans le Paris des années 2000. Sainte triade moderne: le Queens le Diep et le Costes. Contrôlée par le dieu paraître, Hell, 18 ans, «fille de», navigue comme un poisson dans l'eau dans cette mer de mondanité, croisant jet set ivre et people bronzé sous UV. Hé oui, voilà le témoignage d'un passage dans la jet set de Paris à New York par une narratrice qui sait de quoi elle parle, étant elle même une figure de la «good night vibe» de Paname...
Son credo: «soit belle et consomme», ce qu'elle réussit à merveille; griffée de la tête aux pieds et dépensant l'équivalent de votre salaire mensuel en une heure sur l'avenue Montaigne. Entre une vodka tonic et une ligne de coke, elle rencontre Andréa, son double masculin: trop de thunes, trop de filles, et - surtout - trop d'illusions. C'est désormais ensemble qu'ils braveront les démons des nuits parisiennes, là où le jour ne devrais pas se lever. Mais seront-ils à la hauteur du paradis perdu?
Dans les nuits blanches et nuits fauves, Lolita Pille, fille de ce monde reconvertie en narrateur cynique nous livre chez Grasset le parfait défouloir pour jeunesse dorée. Elle signe ici son 1er roman, écrit à 17 ans et publié à 18, sorte de déclaration pour ce milieu maudit. Venir à bout de Hell ( 225 pages c'est pas la mort ... ) c'est vivre un peu du quotidien de certaines personnes. Comme quoi du coup la fameuse jeunesse dorée passerait plutôt pour du plaqué or, là où les additions se chiffrent en K� et où tout ce qui n'est pas griffé n'a pas lieu d'être.
«Hell» est divertissant, voila tout, c'est un énième roman exploitant le filon du «je vis ce que vous voudriez être mais nan nan en fait je suis à plaindre seul dans mon appart' à 60 plaques rue de Grenelle» déjà très en vogue dans la littérature contemporaine. Un peu de déjà vu donc, mais l'histoire d'amour, maintenant presque inévitable, rattrape pas mal: ces deux bateaux ivres cocaïnés finissent par vous prendre par les sentiments. Sympa pour en causer dans les dîners avec vos amis du milieu donc... sans être le livre du siècle.